Lorsqu'une arcade dentaire est sévèrement compromise — qu'il s'agisse d'édentement complet, de dents restantes trop abîmées pour être conservées, ou de prothèses amovibles devenues inconfortables et fonctionnellement insuffisantes — la réhabilitation implantaire complète de type All-on-4 ou All-on-6 représente aujourd'hui la solution la plus documentée et la plus durable.
Le principe commun aux deux protocoles est simple : plutôt que de poser un implant par dent manquante (ce qui nécessiterait 12 à 16 implants par arcade), on utilise un nombre réduit d'implants stratégiquement positionnés pour soutenir une prothèse fixe complète portant de 10 à 14 dents. Ce concept, développé à partir des travaux du Dr Paulo Maló au début des années 2000, est aujourd'hui l'un des protocoles implantaires les plus étudiés au monde.
All-on-4 — quand l'os est limité : Le protocole All-on-4 repose sur l'inclinaison des deux implants postérieurs (jusqu'à 45°), ce qui permet de les ancrer dans l'os cortical dense de la région antérieure de la mâchoire, généralement mieux préservé que l'os postérieur après une perte de dents. Cette stratégie évite dans la grande majorité des cas le recours à une greffe osseuse ou à un sinus lift, raccourcissant significativement la durée totale du traitement. L'All-on-4 est particulièrement adapté aux patients présentant une atrophie osseuse modérée à sévère.
All-on-6 — quand le volume osseux le permet : Le protocole All-on-6 ajoute deux implants dans la région des prémolaires, ce qui répartit les forces occlusales sur six points d'ancrage plutôt que quatre. L'All-on-6 est privilégié chez les patients ayant un volume osseux suffisant, une force masticatoire élevée, ou qui souhaitent maximiser la durabilité à long terme de leur réhabilitation.
Le chargement immédiat est l'une des caractéristiques les plus importantes de ces protocoles. Dans la grande majorité des cas, une prothèse fixe provisoire est posée le jour même de la chirurgie. Le patient repart donc avec une arcade fonctionnelle et esthétique dès la fin de l'intervention, sans passer par une phase de prothèse amovible. La prothèse définitive — généralement en zircone monolithique ou en résine renforcée sur armature titane — est réalisée après la période d'ostéointégration, soit 3 à 6 mois après la chirurgie.
La planification numérique est au cœur de l'approche moderne de l'implantologie. L'analyse du CBCT 3D permet de modéliser précisément l'anatomie osseuse, la position des nerfs et des sinus, et de déterminer le positionnement optimal des implants avant toute intervention.
Interventions proposées
All-on-4 (4 implants, chargement immédiat)
Deux implants axiaux à l'avant et deux inclinés à 30–45° en postérieur. Évite souvent la greffe. Prothèse provisoire fixe posée le jour même.
All-on-6 (6 implants, répartition optimale)
Six implants répartis de façon homogène, dont deux en région prémolaire. Meilleure distribution des forces. Indiqué lorsque le volume osseux est suffisant.
Chargement immédiat (dents en un jour)
Prothèse provisoire fixe posée le jour de la chirurgie. Prothèse définitive après ostéointégration (3 à 6 mois).
Réhabilitation mâchoire inférieure et supérieure
Traitement des deux arcades lors d'une même séance chirurgicale. Réduit les visites et optimise la coordination occlusale.